dimanche 16 janvier 2011

Quand même

Faudrait que je vous dise que l'attente s'est terminée. Bien.

Faudrait que je vous dise que les mots ont été variés, doux, forts, émouvant.

Faudrait que je vous dise qu'en nombre d'année je suis un peu plus vieille mais que je ne l'ai pas vu passer.

Faudrait que je vous dise les jeux et les marées.

See you there, see you soon. Maybe If.

jeudi 13 janvier 2011

Poupoupidou

"I wanna be loved by you"

Le film commence, envoutant, dans la chaleur des voiles et de la peau Candice Lecoeur (Sophie Quinton), dans la glace de ses yeux et de Mouthe. Je suis fascinée, c'est rien de le dire. Le film se poursuit dans la neige, dans l'hôtel miteux. Je suis heureuse de voir apparaître, même pour quelques instants, Joséphine de Meaux. Je ne sais pas, cela fait sens. Un peu comme le jour où j'avais lu que Johnny Depp appréciait les films de Gatlif. Les carnets. Marilyn. La maladresse de la réceptionniste. Jean-Paul Rouve taciturne. Quelques phrases, minuscules, délectables. et Sophie Quinton, éclatante, sublime. Présente dans toute l'absence de Candice/Martine.

"Poupoupidou"

Je vous avoue, je n'ai jamais vraiment été fascinée par Marilyn. Trop de paillettes, de scandales, de clichés. Pourtant comme toute femme lumineuse et malheureuse, elle a quelque chose de touchant.

Il faut que je vous dise. Avril fait partie des films de ma vie.

Gérald Hustache-Mathieu fait du sample. sculpte ses références sans se perdre de vue. La question de la légitimité, du complexe, mais bon sang, ce que ça me parle.

Avril, elle s'est cicatrisée quelque part au coin du poignet.

J'ai détesté avoir à subir une publicité pour Areva avant le film. Les multiplexes me laissent perplexes. Et tout le monde part au début du générique.

Avril m'avait séduite assez tôt. Elle m'a conquise en disant "Il y a un beau silence".

J'ai envie d'écouter la B.O. encore. Encore. Parce que je suis sortie de ce film sans vraiment savoir ce que j'en pensais, au bord des larmes, avec l'envie de marcher pendant des heures. Avec l'envie d'écrire. De rester dans la musique. C'est bon signe.
J'aimerais presque y retourner.

Et puis en vrac j'ai des cheveux plus courts, plus sombres, plus 'frouuuu". je cuisine je cuisine je cuisine. J'ai une montre et ça faisait longtemps.

mercredi 12 janvier 2011

En suspension...

Attendre. Attendre. Ne pas se goinfrer. Attendre. Ne pas réactualiser lapage toutes les 10 minutes. Attendre.Attendre. Ranger la cuisine. Attendre. Planifier le repas du soir. Attendre. Regarder de vieux Prison break. Attendre. Attendre. Ecouter Thiéfaine. Attendre. Lire ce qui tombe sous la main. Attendre. Prendre rendez-vous chez le coiffeur. Attendre. Attendre. Attendre. Attendre. Attendre. Attendre. 


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

J'ai du mal à attendre ces dernières heures.

samedi 8 janvier 2011

Tanze, meine Freudin !

Je cherchai un bon sujet de post et puis en revenant du cinéma je me suis dit que ça risquait de tourner à la page de pub. Mais je tente, des fois que vous partiez danser au ciné. 

Tanzträume (Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch), le documentaire de Hoffman et Linsel; 

L'affiche m'avait carrément séduite.
La bande annonce m'avait décollée de mon siège.
J'ai fini, bien entendu, par courir au CNP, histoire de voir. 

J'ai pas été déçue. 

Les rêves dansants suit un groupe d'adolescents n'ayant jamais vraiment pratiqué la danse, leur deux répétitrices et occasionnellement la grande Pina Bausch dans leur travail pour re-monter Kontakthof, un des chef-d'oeuvre de la chorégraphe. C'est l'idée de base.

Le film, lui, s'attache à capter l'évolution des jeunes gens, leur confrontation avec ce nouveau langage qu'est la danse- et qui plus est la danse très particulière telle que la conçoit Pina Bausch. Comment cette expérience resonne-t-elle avec ce qu'ils vivent, comment un groupe se forme-t-il, comment le corps si emprunté de l'adolescence trouve-t-il dans la danse une bonne raison de tout lâcher et de se faire confiance? Maladresse et effort, tendresse et difficulté, concentration et angoisses... Les impressions se mêlent et le film s'emporte vers une grâce folle, pétillante, vivante, de celles qui prennent au ventre.

Alors, ça vous dit ?




mercredi 5 janvier 2011

Tessons et cailloux #5

Après quelques heures, le temps de changer d'espace temps, de rentrer dans un appart' vide, de ranger un peu, de trainasser à la bibli, de manger un bagel peanut butter au goût un peu triste. Le temps de verser quelques larmes sur le quai après le départ du train. 
Dans les cailloux ramenés de vacances, il y a la dernière semaine avec la venue de L. La gare de nuit, les parties de Bonhanza, les paroles de Brel qui s'incrustent dans les conversations, la cuisine végétarienne, les mots en anglais -si bien que dans la rue tout à l'heure on m'a demandé si je donnais des cours. Un jour de l'an time's up et quelques belles surprises. Les jambes se détendent dans les escaliers de la croix, dans les côtes du Jura. Festival gastronomique un peu alcoolisé (Chartreuse et Brugse Zot). De la neige, du rouge au joues. Des hésitations magnifiques en français.
"Je suis heureux
-Non, tu es heureuse.
-Ah oui, je suis une fille donc je suis heureuse."
De la neige, du bazar dans la chambre et une fondue savoyarde. Un verre de l'amitié. Une heure de skype. Des silences légers. Des grasses matinées. Elle s'est tellement bien tricotée dans le quotidien, celui qui peut se créer en 7 jour et qu'il m'est déjà un peu difficile à défaire. L. est drôlement chouette. Tout le temps, quand elle lit des bouquins improbables, quand elle dévalise un magasin népalais à Saint-Jean, quand elle gère les lasagnes veggies, même quand elle est un grumpy à cause de la fain ou du sommeil. Fidèle à cette petite voix qui l'air de rien demandait, à des années lumières, "do you like the goldfish ?". L. is so  more than cute...

Cette semaine à l'image du reste des vacances me rappelle combien j'ai de la chance, combien il y a de gens fous et merveilleux autour. La joie violentes des enfants, et leur sérieux quand il s'agit de parler des paléontologues, des baleines, des bébés. La joie à peine moins violentes des adultes quand enfin, vers minuit du matin ils se mettent à chanter des chants de Noël, même que les mômes sont couchés, même que c'est que pour eux, et qu'on voit la lueur éblouissante au fond de leurs joues, celle qu'on avait oublié de voir parfois. Il y a le soulagement de continuer à communiquer, à avancer malgré les opérations et les dépressions. La redécouverte de l'atelier, de son enthousiasme et la force de nouvelles perspectives, l'envie de continuer. En mieux encore. Les deux A. sont de retour de leurs contrées lointaines. C'est bon de revoir l'une, un peu douloureux de manquer l'autre. Et puis il y a les gens qu'on commence, qu'on continue à découvrir. A lire. A écouter. Il y a les rires de nous deux gamines, au fond de l'appart'. On est bien là.

Et puis en vrac le retour de l'appareil photo, le thé fumant dans la fonte, le retour de Starmania -qu'il est bon d'hurler "Je suis un travesti" avec Sadia- et bien d'autres plaisirs indicibles peut-être inavouables, au moins inexprimables. Des plaisirs oubliables, fugaces, présentement intenses, palpables et si vite fanés  mais qui laissent une saveur inoubliable à ces jours si légers. 

"Tout est bon ici ça va, je suis vivant, ici ça va". Je chantais ça le jour où j'ai su. Je chante encore. "Tout est bon, ici ça, je suis vivant, ici c'est chaud, je suis suis sauvé, ici ça va, je suis vivant, ici c'est bon, ici ça va..."

Des promesses...

... des promesses me direz vous. Je les tiendrai peut-être, un jour. Dans une galaxie où je me remettrais au boulot, où je mangerais équilibré, où je rangerais tout au fur et à mesure, où je repasserais mes vêtements. Mais ce ne sont pas de bonnes résolutions. Promis, je resterai fidèle à moi même, bordélique, dépassée et lazy. 
Bref.

Tout ça pour vous souhaiter une année tout en cailloux chamarrés et en vitraux. En bulles et en trains. En noeil ouvert et en peau frissonnante. 

Prenez soin de vous, je reviens dans un instant ou deux, quelques éternités. 
Prenez soin de vous.