vendredi 27 janvier 2017

Et fleurir, ce peut être invisible

Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de questions et de soupirs à propos du boulot. (J'entends les proches ricaner : "Ces derniers temps ? C'est pas le cas depuis le début ?". Oui, peut-être, bon. Ces derniers temps ou ces dernières années). Une classe avec qui on tourne en rond, quelques élèves difficiles, l'impression que ça ne sert à rien, ce mal qu'on se donne, qu'on s'échange, qu'on se prête, qu'on se rend bien. 

Aujourd'hui, éclaircie. 

En repartant du salon de thé de la rue d'Or, après un chaï avec P. à jouer au week-end (alors que non, pas du tout), j'aperçois un groupe d'élèves massés en terrasse de kebab. J'entends un "Oh" suivi d'un tonitruant et jovial. "Bonjour Madame !". C'est une élève. Elle appartient à la classe sus-nommée. Souvent éteinte, ou en train de bavarder. Il faut lutter, encourager. Tout semble l'ennuyer. Pourtant, il y a une sorte de candeur dans son bonjour. Ce que ça change, de ne pas être entre les murs. Des enfants, ne pas oublier, ce sont encore des enfants, des enfants qui jouent aux grands. 


Quand j'arrive au lycée, par la petite cour toujours déserte, je tombe sur une autre élève (qui est elle aussi dans ma classe compliquée) et un élève que je ne connais pas. Celui-ci m'interpelle. "Bonjour Mme Blizar". Étonnée, je m'approche en les saluant à mon tour. "Il faut que je vous donne le bonjour de Lila M." 

Lila. 

Et vlan, une vie plus tôt. Vous vous rappelez, Lila ? Pour ceux qui n'étaient pas là ou qui ne se souviennent pas, quelques mots et quelques liens. C'était une élève de 5ème, revêche, électrique et souvent mutique. Elle avait fini par me parler à cause de la bruyère en fleur chez Victor Hugo. Elle avait même fini par me lancer des papillotes en râlant, et je me rappellerai du jour où elle s'était effondré, en plein cours, faisant couler son masque d'acier. 

Il m'explique qu'il lui a parlé du fait que je travaillais maintenant au Lycée du Lièvre, et qu'elle a tenu  à me passer le bonjour et à me transmettre un message. 
L'émotion, dis. 
On discute, deux minutes, sous le regard d'I. et on repart, un sourire chacun.

La photocopieuse roule ses feuilles. C'est tout bête. On le sait bien. Pourtant il faut y revenir sans cesse. On ne sait jamais ce qui se passe derrière un visage. Inaccessible, l'écho de nos mots, de nos gestes dans la boite crânienne ou leur onde sous le plexus. Dès qu'ils ont passé le mur de peau, il n'en reste que la surface à peine troublée, parfois maquillée. Supposer, déchiffrer, croire, percevoir peut-être, estimer au mieux. Froisser des coeurs, sans le savoir, sonner creux sans l'entendre et peut-être une fois sur cent, sur mille, changer quelque chose, imperceptiblement. 
(Et je pense à cette histoire d'autostop et d'origami vécue par Mélie) 
Peut-être que c'est simplement ingrat, d'envoyer des choses en ayant la sensation que ça file souvent dans le vide. Peut-être que ça ne sert pas à rien, juste pour la fois sur cent, sur mille. Et que ça vaut bien la fatigue des bras dans le vent. Peut-être que tout ne se perd pas, qu'on s'est pas complètement trompé de voie. Peut-être que ça raisonne, en face, même quand on ne le voit pas.

Je finis la semaine en terminant le visionnage de l'adaptation en film d'une pièce que l'on a travaillée. Je les vois réagir. Je sens des sourires, des silences, des indignations qui se chuchotent. Quand le générique se lance, quelques remarques fusent. "Mais Madame, c'est pas du tout comme dans le livre !" "En plus le personnage de S. c'était presque le personnage principal et ils l'ont enlevé !". Je souris de les voir défendre l'oeuvre originale, pourtant si dure à plusieurs égards. Y tiendraient-ils un peu, en fin de compte, à ce texte ? 


En repartant, dans le froid bleu, je pense à Guillevic (quelle surprise).
"Heureusement qu'il n'est pas sûr que tous ces murs soient sans oreilles". 

lundi 16 janvier 2017

Et des copeaux...

Pour être honnête, je ne savais pas comment venir ici, et formuler des voeux. 

Il me paraissait difficile de croire à ce qu'on se lance entre deux bises, dans une embrassade, des cartes ou des textos. Trois cent soixante jours et des copeaux. Ca fait long pour rester à l'abri de la vie et de ses coups indistincts. Pourtant, c'est le plus sincèrement du monde que j'ai aligné des mots, pour chacun, comme des gris-gris à garder au chaud dans un coin des épaules. C'est une manière comme une autre de dire aux gens qu'on les aime, qu'on ne leur veut que du bien, qu'on les connaît au moins un peu (quand on ne se contente pas du "bonne année" de circonstance, j'entends). Une façon indirecte de dire qu'on sera là en cas de tempête. 


Trois cent soixante jours et des copeaux. 

Quelques nuages ventrus, déjà à l'horizon de nos attentes, plus ou moins proches. Un printemps en suspens. Il faudra faire avec, aller contre, vivre en dépit de, s'aimer toutefois, se serrer les coudes cependant, s'évader mais, sourire par ailleurs, se tenir au delà, s'entendre même si, s'écouter bien que, respirer toujours. Trouver des pré-positions, des adverbes, des conjonctions, des connecteurs logiques. 


Qu'est-ce qu'on se souhaite, alors ? 

Trois cent soixante jours et des copeaux, à continuer de tourner cette vie de bois, tendre ou noueuse. A continuer dans nos ateliers, à sculpter les jours, comme on peut, à partager nos savoirs-faire et nos émerveillements. A faire face ensemble aux cassures et aux ratés. A se bricoler des totems et des beautés.








jeudi 29 décembre 2016

Anamnèses involontaires

(... ou Madeleines de Proust, si vous préférez)


En la voyant dans sa cuisine, me vient le goût des mercredi et samedi après-midi, de nos histoires d'enfants, de pré-, d'ado, d'étudiantes, de jeune adulte. Je revois le canapé jaune de sa chambre et la chauffeuse orange de la mienne, la mezzanine dans sa cabane, et le tissu coloré qui recouvrait la banquette dans la mienne (merci, pères). Je pense aux bols de céréales pour le goûter, aux 6 ou 7 parfums de glace qu'il y avait toujours dans son congel' et aux parties d'Indix ou de Mystères de Pékin. Des heures à bricoler, à parler au dessus du goûter (merci mères). Je me rappelle les dessins qu'elle coloriait avec beaucoup de soin et les heures à nager. Nos silhouettes un peu impressionnées, premier train seules vers Paris. Chacun des endroits où elle a habité depuis défile, une seconde. C'est bien de savoir où elle vit.

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Dans la nuit au dessus de la ville, Kusturica, accompagné par le no-Smoking orchestra, chante "Bubamara". Les copines du lycées me tendent un paquet. La pochette de Chat Noir chat blanc en sort. On pleure de rire devant. On a des chaussettes à rayures. La vie n'est pas plus simple alors, mais on trouve quand même des bribes de ce que l'on est entre Kusturica et nos chaussettes colorées.

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Dans la nuit, au dessus de la ville, Kusturica, accompagné par le no-Smoking orchestra, entame "Was Romeo really a jerk". J'avais oublié la playlixe. Ca fait tout drôle, un souvenir qu'on n'avait pas vu revenir. Ca hésite entre le sourire et l'amer. Ça ne tremble pas.

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Je reçois le message de C. qui m'invite à son anniversaire. Il y a sept ans, en sortant du Market Bar, on décidait qu'après nos "charrettes" respectives mais avant Noël, on partirait se geler à Belfast. On avait des coupes de cheveux douteuses, et on ne se connaissait pas des masses. Tout ce temps que ça prend, s'apprendre.

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En entrant dans la salle de concert, il fait froid. Tout le monde a gardé son manteau. Sur les murs, des fresques à la bombe. Des gens debout, une bière à la main. J'ai cette impression de respirer un peu mieux, de rentrer à la maison après avoir prétendu être une adulte trop longtemps. Les basses me remontent tout le corps, à contre courant. Battre fort, et vite, et loin. Sur un terrain de motocross, dans une salle sans siège, dans un hangar. Rester debout, avec la musique. Battre fort, et vite, et loin.

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On attend un bus, il fait nuit, il fait froid. C'est l'hiver. On va attendre dans le pub au bord de la route tout en se demandant pourquoi ce n'est pas ce que nous avons fait au lieu de passer des heures dans la gare de bus de Galway.

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En reprenant la voiture, après les jours de fêtes, j'arrive au stop, au bord de la dépatementale.  Je revois la nuit bleu, quelques années plus tôt, la pluie qui toque au pare-brise au moment où mes pleurs débordent. L'année des larmes. Il fallait repartir vers le froid, la fatigue, la très grande solitude. Il y avait cette sensation de tomber, encore et encore, toujours sur le même genou. Alors, s'il n'est jamais tout à fait simple de repartir après Noël, quelque chose frétille, se réjouit. Je sais qu'on m'attend, là-bas et que malgré les désagréments du quotidien, c'est chez moi que je rentre. 

dimanche 6 novembre 2016

Tessons et cailloux #16 : Tonne, ô, tonne, petit ciel affamé

En octobre, l'encre se bouscule sur le calendrier. Du travail, puisque après le plein air, il faut bien rentrer. Et des rencontres, des choses à boire, à manger, des lieux à visiter ensemble. 
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Avec Lyia, on va voir Juliette danser. Enfin, Marion Lévy qui joue  Et Juliette. Et qui dit le texte fou de Mariette Navarro. Je regrette de ne pas réentendre ce monologue magnifique des Puissantes, celui qui m'avait remuée tout à fait 
(sérieusement, allez lire Mariette Navarro) 
J'avais oublié ce que c'était une salle de spectacle remplie d'enfants et de réactions très spontanées. C'est bien de s'en rappeler. C'est rassurant de trouver ça chouette quand je pense à tout ce qui bourgeonne, à tous les petits êtres qui vont débarquer dans les mois qui viennent.
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Ca roule beaucoup, certains week-end, pour la joie de dire des bêtises, d'arpenter cette basilique que j'aime tant, pour fêter le quart de siècle ou la trentaine, pour se voir, pour s'entendre. Se rencontrer, se raconter, se rire au nez, se réjouir. Respirer. 
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Toujours la vie d'ici, avec toutes les bonnes excuses qu'il y aurait pour partir. Et quand même, l'envie de rester, de construire autre chose que des fondations. Se faire un toit pour les jours de pluie qui ne manqueront pas d'arriver. La vie d'ici, l'apéro improvisé un lundi quand le boulot me défait, le dîner déguisé, et le café du mercredi. La vie d'ici, le swing et les maladresses dont on apprend à ne pas rougir, le yoga, les poèmes semés pour l'asso. La vie dissipée parfois. La vie dissidente, trop rarement. La vie directement. La vie distinctement. La vie disséminée dans les rues, les recoins, les cinés.
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Il y a une lettre de Do. dans la boite. Et ça réjouit drôlement, une lettre dans la boite, les mots de Do, dans le bureau avec un thé. 
Mélie arrive un jeudi, en bord d'espace ouvert. On croise une collègue en remontant de la gare. On en croisera plusieurs, en quelques jours, et ça m'amuse, ces marques de la vie d'ici, décidément d'ici. 
On a affirmé qu'on allait écrire. Finalement, on a quand même beaucoup parlé, cuisiné, bu du thé comme du vin, un peu marché, vu un film au ciné et pour Mélie, bossé. Mais il n'empêche que je redécouvre que je peux avancer sur des projets. L'envie de s'installer au bureau en n'ouvrant que la page concernée. Mais il n'empêche que, ces heures là, à écrire en sachant qu'elle est sur le canapé, ça compte drôlement, ça donne du courage, ou de l'élan. 
Et plus généralement, on profite de ces plages là, d'avoir le temps de s'étendre comme on ne l'a pas eu depuis longtemps. On revient sur des histoires, des questions. On revient sur ce qu'était la vie à l'automne dernier. Et même si c'est loin, il n'y a rien de vain à reparler de l'eau qui a coulé sous les ponts, des p'tits clous qu'on a arraché d'un seul coup. De ce qu'on a grandi, de ce qui a poussé, des petites colères cachées qui restent à désherber. Non, rien de vain à s'apercevoir que parfois, c'est vrai, c'est un mal pour bien, et qu'avec le recul, on ne regrette rien. Non, rien de rien.
Le garçon d'à côté nous rejoint, tard dans la nuit. On fait des jeux de mots douteux en buvant de la tisane. Et, légers, on part chercher des trésors dans la ville avant de se laisser, au bord d'une parte de tarte au citron et d'une tasse de thé.
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Après une reprise duraille, B. entre en classe avec un air effaré "M'dame, j'l'ai lu le livre !"(qui est pour dans deux semaines - ndlr). A son air, on a l'impression qu'il a été choqué. Oui, bon, ce livre là, il brûle le ventre, c'est sûr. Je m'apprête à défendre mon choix quand il revient à la charge. "Madame j'l'ai lu. Il est trop bien. Trooooop bien. Il est... aaaah, j'avais jamais lu un livre... comme ça, franchement trop bien." Respirer et se dire que tout ça ne sert pas à rien.
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Novembre s'amène et entre par la fenêtre, pas invité. Y'a des points d'interrogation qui s'invitent partout. Relous. On en parle longuement au téléphone avec A.
Puis faut y aller. On m'attend dans une ville aimée et, même si ça coûte de se dépêcher pour attraper le bus, à peine le pied posé dehors, la hâte enfle. En fin de journée, détrempées, parlerparlerparler, les amis les amours les emmerdes, les cafards, les victoires, les joies, les familles, le temps qui nous laisse pas le temps, le temps qui nous tire de nos carcans. "Si j'étais un dieu, que je devais refaire le monde, je changerais tout sauf". Tout sauf.
Au matin, je prépare du pain perdu. "Du pain qui s'était perdu", comme dirait Clo. Je suis contente qu'on ne se soit pas perdues, Bouh et moi, Clo et moi, toutes les trois. Contente qu'on puisse partager les grandes questions et les sourires niais.
*
Dans le bus, les quais sont lumineux sous le ciel menaçant. Ibrahim Maalouf, Nina Simone. Wakey!Wakey!. Dialogue improbable.
"True sorry" - "I guess I'll never be the same..." - "So tell me why we're talking  when we dance so good ? And I know you can't stay, but I wish you would."
*
Il va falloir traverser novembre. Je n'ai toujours pas confiance en novembre. Trop de gens se sont perdus dans le froid ou dissous dans la brume.
Je n'ai toujours pas confiance en novembre. Mais je sais qu'on passera à travers, qu'on passera outre, et que ça ira.






mercredi 14 septembre 2016

Rentrée de plein air

En septembre, les enfants, les profs, les aoûtiens... il y a plein de gens qui retournent à un village, un appartement, un bureau, un quotidien, un quartier. Une école, un collège, ou un lycée. Fini, l'espace, la vacance. Faut se plier à nouveau aux temps de l'emploi, de l'école. Refermer derrière soi les cases du calendrier.
Rentrer.

Moi aussi, je suis revenue à la ville, à l'appartement, à leurs grandes joies et leurs petits désagréments. Sauf que voilà, pas de case claire, pas d'emploi du temps. Pas d'arrêté contrairement à ce qui avait été annoncé.

Il a fallu courir dans le dédale des procédures, des logiciels, des fils sans personne à l'autre bout. A l'orée de l'année scolaire, j'ai donc vogué entre deux établissements, deux vies passées et l'espoir d'un à-venir. J'ai revu des collègues, soulagée de constater le plaisir et même la joie réciproque qu'il y a à se retrouver, et la colère partagée, et l'attente de travailler encore ensemble.

Le logiciel a fini par m'attribuer une case, mais pas tout de suite. Et en attendant ? Pas de classe. A l'orée de la reprise on dit de rester chez moi. On me tiendra au courant. 

 "Chez moi". Je ne rentre donc pas. Le portail ouvert, être dehors, encore pour quelques temps. 
Le rêve. 
On se dit. 
Le rêve, tout ce temps. L'automne qui se déguise en été. Les livres. Les verres. Et pas d'emploi du temps. 

Le rêve. Vivre à son propre rythme, profiter de la nuit sans crainte. Avoir tout l'espace pour (re)lire et relier des oeuvres. Se renouveler, parce qu'un jour, moi aussi je vais
                                                                                                                   rentrer. 

En attendant, les terrasses sont ouvertes et les amis y défilent plus longuement qu'à l'accoutumé. Les films se mettent en marche à des heures incongrues. Le jogging sort du placard plus souvent qu'à l'ordinaire. Les couteaux hachent des légumes, le miel et le citron se mélangent sur le feu pendant que les mains essayent de nouvelles recettes. Étrange et tranquille mise en mouvement. 

Ce n'est pas tout à fait les vacances. 

Il faut rester dans le coin, quand même, au cas où l'on appelle. Des fois qu'on me trouverait un service. Je n'aurais pas le droit de le rendre. Et puis, épuisées, les réserves. Epicées, les notes qui s'accumulent, ça taxe, ça s'impose, ça s'inscrit sur des carnets qui ne sont pas scolaires. Les vacances (m')ont été chères. 

Faut rester dans le coin, souvent entre quatre murs. Et même en travaillant, il devient difficile d'avancer. D'abord, il faut faire des choix, en théorie, sans bien savoir pour qui. Un Giono, un Camus ? Hugo ? Ou Kérangal ? Lire, re, lire, re. Ne toujours pas choisir. Il y a tant de temps pour se décider, tellement de possibilités, que plus rien n'est sûr. Quatre murs sans que ça fasse un cadre sur lequel s'appuyer Les murmures sont parasités de cafards au plancher. C'est bien beau de passer du temps à chercher, mais les jours où on ne trouve rien, il n'est pas facile de croire que ce n'est pas vain. 

Autour, tout le monde travaille. Il faut attendre le soir ou la fin de la semaine. Alors je ne parle qu'au combiné. Qu'au conditionnel. Qu'au bibliothécaire du guichet. Qu'aux personnages des histoires que je peine à faire avancer. 

Le rêve ? Du temps pour écrire. 
L'angoisse de ne pas y arriver. Trop de projets. Pas assez de légitimité. Et toujours ces choix, ces suites de choix sans fin qui déchirent les doigts.

La plainte est impossible. La chance est trop grande, septembre en plein air, pour oser le dire. 
Tout le monde travaille. Tout le monde est rentré. Et seule en plein air, il y a des jours où il fait un peu froid. 

samedi 10 septembre 2016

C'était l'été



Faire sécher les dernières tristesses de l'hiver. S'habiller de couleurs.


Vivre entourée de livres. De gens. Brasero intérieur. 


Suspendre le cours des habitudes.


Se lancer. S'envoler. 


Jongler. Voir plus que jamais la beauté des gens aimés. La mienne, par ricochet, quoiqu'en disent les fâcheux du dedans et du dehors. 


Se barbouiller de ciel bleu. Se laisser porter par les nuages.


Ouvrir, tendre les mains. Ne pas les refermer sur les oiseaux qui clignotent. 


Banquets d'espace et de lumière.


Se (dé)couvrir.


(silence, enfin, tu sais.)


Caresse des pierres. Et l'envie d'aller voir plus loin, au delà des murs. 



Quitte à être neuneu, beaucoup de ciel bleu. 


jeudi 18 août 2016

InCarnac #2 - Pour tenir

J'avais prévu de faire une petite série de posts sur ce voyage là. J'attendais juste d'avoir un écran qui me permette de faire le tri dans les photos.
Les mois ont passé, la vie a valsé et valdingué. D'autres voyages d'autres saveurs, d'autres saisons. Même si tout ce qui s'est ré-ouvert dans la lande de Carnac n'est pas passé, je suis ailleurs.
Je laisse quand même quelques images et la texture de la liberté sous les doigts, les rocs, la joie qui éclate, la force qui s'affermit. Les oiseaux, les landes,  les lichens et les plantes.


"Ils ne le sauront pas les rocs,
Qu'on parle d'eux.
Et toujours ils n'auront pour tenir
Que grandeur."
Guillevic